La révolution OFA, encore une avancée.

OFA, après avoir révolutionné le système éducatif français, révolutionne l’enseignement de la littérature en classe de première.
Alors qu’un jeune sur cinq affirme ne pas lire du tout1 et que les adolescents ne consacrent plus que 19 minutes par jour à la lecture contre 3h11 sur les écrans2, les résultats exceptionnels de nos élèves aux EAF 2025 démontrent qu’une autre destin est possible et qu’un autre avenir est laissé à ce qui fait la grandeur de l’humanité : la littérature.

Les faits : Un groupe de 8 élèves d’OFALycée, nés entre 2009 et 2008, au « profil américain » se portèrent volontaires pour suivre une préparation pilote aux Épreuves Anticipées de Français de mai 2025. Résultats : 13.5 de moyenne générale, 13.5 de médiane, notes comprises entre 10 et 16 !

La vie d’un Junior OFALycéen
US high school
Avant de rentrer dans les arcanes de cette réussite, je voudrais prendre le temps de décrire la vie d’un élève au « profil américain » dans le « système US » en classe de première, année à laquelle les élèves français sont invités à passer les EAF. Car contrairement à l’image d’Epinal que la France a souvent des études secondaires aux Etats-Unis, étudier au pays de David Thoreau, qui plus est en Junior year, n’est pas de tout repos. Tout d’abord, l’année de Junior est celle où la charge académique est maximale : les élèves prennent souvent trois ou quatre APs (cours de niveau universitaire) qui auront lieu en mai (le mois des EAF aux USA), se préparent aux SAT (équivalent d’un concours d’entrée à l’université), voient leur fin de semaine accaparés par les college tours et les préparations supplémentaires aux dits examens. A cela, il faut ajouter que les notes de Junior sont celles qui comptent le plus dans les candidatures universitaires, que les élèves commencent à rédiger leurs premiers essais personnels pour les colleges… D’autre part, les élèves américains, en sus de leur trois ou quatre heures de devoirs à la maison, doivent suivre au moins une activité sportive intense (deux heures par jour minimum) avec les compétitions et déplacements que cela incombe. Enfin, ils se livrent généralement à du bénévolat de manière hebdomadaire pour se former au don de soi et faire reluire leurs dossiers de fac. Et, entre tout ça, ils apprennent à conduire pour pouvoir se conduire à leurs activités extrascolaires. J’oubliais : « Avoir un travail » est important dans son dossier… universitaire, adieu donc ce qui restait des week-ends. Pour le dire clairement : ils n’ont pas une minute à eux.
Et ce sont ces élèves-là, qui trouvent le temps, la force et la patience d’étudier à OFALycée les quatres œuvres du programmes de l’Education Nationale, parmi lesquelles vous trouverez, en autres réjouissances, du Rabelais, du Rimbaud, du Balzac et du Musset… Ce sont ces élèves-là qui trouvent le temps, la force et la patience de rédiger des dissertations, des commentaires littéraires de textes et de produire des explications linéaires « à la française » (entendre : structuralistes, formalistes à des années-lumière de la dimension expérientielle et empathique du système américain). Vous me répondrez : « OFALycée fait cela avec succès depuis cinq… quid novi sub sole ? »
Reprenons les explications. Voici le défi que nous nous étions lancé il y a un an : permettre à tous nos élèves de pouvoir présenter les EAF – et pas seulement à ceux dont le projet est le retour nécessaire et inéluctable en France. Mais ceux dont le projet est de rester aux Etats-Unis. C’est ainsi qu’est né, sous ma houlette, le projet pilote du « Bac de français en 48h ». 32 semaines de cours. 1h30 par semaine. Pas une minute de plus ou de moins, exigence sine qua non de l’emploi du temps des Juniors d’OFALycée. Généralement, pour un élève classique de première à OFALycée en classe de première, il faut compter 1h30 de cours et 1h30 de devoirs à la maison + 3 bacs blancs. Environ 110 heures d’investissement de temps. Il fallait donc trouver, pour nos Juniors OFALycéens, un passage secret pour gagner du temps et que tout tînt en la moitié de temps : cours, devoirs et bacs blancs.

Le 11 juillet 2025, le verdict tombait : sur les 6 valeureux élèves qui validaient leur année à OFALycée par leur présence assidue en cours, les notes étaient comprises entre 10/20 et 16/20, avec une moyenne remarquable de 13,5/20 aux EAF.

À titre de comparaison, un lycée français de référence à l’étranger affichait en 2024 une moyenne de 12,23/20 à l’écrit et 14,12/20 à l’oral, soit environ 13,17/20 de moyenne générale. Nos élèves d’OFALycée, au « profil américain » scolarisés dans le système américain surpassent donc cette performance de référence, démontrant l’efficacité de notre méthode pédagogique révolutionnaire.
Bien sûr, pour des raisons évidentes de propriété intellectuelle, nous ne révèlerons pas le secret de la méthode OFALycée. Et de toutes les manières, ce n’est pas le détail qui nous importe ici mais les principes qui ont permis ces résultats exceptionnels.
Premier principe : la Révolution des Anciens
À OFALycée, les élèves apprennent à écrire et à parler. « Apprendre » au sens où Lysias, Isocrate, Cicéron, Sénèque le Rhéteur et Quintilien entendent transmettre l’art oratoire à leurs lecteurs et élèves. Il s’agit donc dans un mouvement « révolutionnaire » de revenir aux Anciens et à l’efficacité de leur enseignement. Par-delà les modes et les tendances éducatives.
Car c’est bien de cela qu’il s’agit : une révolution au sens premier du terme. Le mot « révolution », avant de désigner les bouleversements politiques et sociaux, signifie en latin le retour, la rotation complète qui ramène au point de départ. Dans le domaine astronomique, la révolution désigne le mouvement d’un astre qui revient à sa position initiale. C’est ce mouvement de retour aux origines que nous opérons à OFALycée : non pas un simple passéisme nostalgique, mais la conviction que les Anciens avaient compris quelque chose d’essentiel sur la transmission du savoir rhétorique que la modernité a oubliée. Retour aux étoiles qui nous guident depuis toujours.
Pendant des siècles, de l’Antiquité à la fin du XIXe siècle, l’enseignement de la rhétorique a reposé sur des principes éprouvés par des millénaires de pratique. Les Romains, imbibés des Grecs, savaient former des orateurs capables de plaider au forum, de délibérer au sénat, de célébrer les grandes occasions. Ils ne se contentaient pas de théoriser sur l’éloquence : ils la transmettaient par un apprentissage méthodique, progressif, fondé sur l’exercice constant. Puis, au tournant du XXe siècle, quelque chose s’est cassé. L’enseignement de la littérature s’est détourné de cette dimension pratique pour devenir essentiellement analytique, théorique et structuraliste. La classe de Rhéto a disparu. Et la rhétorique est devenue suspecte.
image-3
The Numbers don’t lead the dance – Les pouvoirs de la littérature par Olivier Saint-Vincent
Or cette approche repose sur une idée puissante mais oublié3 : l’enseignement de la littérature ne peut se réduire à une analyse froide et distanciée des textes. Il doit former des êtres capables de manier la langue avec élégance et puissance, de construire une pensée cohérente et de la transmettre avec efficacité. Quitte à passer par les sentiments et les émotions.
Les rhéteurs antiques l’avaient compris : on n’apprend pas à écrire en théorisant sur l’écriture, mais en écrivant et en vivant. On n’apprend pas à parler en disséquant des discours, mais en prenant la parole.
Au Livre X de son Institution oratoire, Quintilien formulait ainsi la progression de l’apprentissage rhétorique : « dicere ante omnia est, atque hinc initium eius artis fuisse manifestum est: proximum deinde imitatio, novissimum scribendi quoque diligentia » (X, 1, 3). Autrement dit : la parole (dicere) est première, et c’est manifestement d’elle que l’art oratoire a pris son origine ; vient ensuite l’imitation (imitatio) ; et en dernier lieu la pratique assidue de l’écriture (scribendi diligentia). Cette triade – parler, imiter, écrire – constitue le cœur de tout enseignement rhétorique digne de ce nom. Trop souvent, l’enseignement des modernes se concentre uniquement sur l’analyse théorique des textes, négligeant ces trois piliers qui sont pourtant essentiels. Nos élèves connaissent les figures de style par cœur, savent identifier une métaphore ou une anaphore dans un texte, mais sont incapables de les employer à bon escient dans leur propre écriture. Ils peuvent disserter savamment sur les procédés oratoires de Bossuet, mais perdent leurs moyens dès qu’il s’agit de construire eux-mêmes une argumentation convaincante. À OFALycée, nous avons fait le choix de restaurer cet équilibre millénaire, en accordant à la pratique orale, à l’imitation et à l’exercice d’écriture la place centrale qu’ils méritent.
Second principe : l’imitatio comme chemin vers la création
À OFALycée, les élèves pratiquent l’imitatio. S’inspirant des travaux récents d’Antoine Compagnon, notamment La Seconde main ou le travail de la citation et Le Démon de la théorie, pour qui « Toute écriture est glose et entreglose, toute énonciation répète », nous avons fait de l’imitation le cœur de notre pédagogie.
Cette approche va à rebours de l’idéologie moderne de l’originalité à tout prix qui domine l’enseignement contemporain.
image-2
Antoine Compagnon – en académicien

Trop souvent, on demande aux élèves d’être créatifs, originaux, personnels, sans leur avoir donné les outils pour le devenir. C’est comme demander à quelqu’un de composer une symphonie sans lui avoir appris le solfège. L’imitatio des Anciens propose une voie radicalement différente : c’est en procédant au travail d’imitation des classiques et des grands écrivains que l’on finit par créer sa propre voix. Pas en écrivant des cadavres exquis.

image-1
Le Génie du christianisme
Lire Chateaubriand, l’expliquer, le gloser n’a pas pour autre fonction que de s’approprier le style de l’auteur du Génie du christianisme. Quand nos élèves étudient une page des Mémoires d’outre-tombe, ils ne se contentent pas d’en analyser les thèmes ou la structure. Ils en décomposent la syntaxe, identifient les procédés stylistiques, étudient le choix du vocabulaire. Puis, dans un second temps, ils s’essaient à écrire « à la manière de » Chateaubriand. Ils reprennent ses structures syntaxiques pour raconter leur propre expérience. Ils empruntent son lexique romantique pour décrire leur propre paysage intérieur. Retour donc aux astres qui nous habitent.
Cette pratique de l’imitation n’est pas du plagiat, mais une autre forme d’apprentissage. Les peintres de la Renaissance passaient des années à copier les maîtres avant de développer leur propre style. Les musiciens classiques apprennent toujours aujourd’hui en jouant Haendel et Mozart avant de composer leurs propres œuvres. Alors pourquoi en irait-il autrement pour l’écriture ? En s’imprégnant des grands styles littéraires, en les reproduisant, en les variant, l’élève construit progressivement son propre répertoire stylistique. Il acquiert une palette d’outils expressifs dans laquelle il pourra puiser selon ses besoins, ses goûts, ses aspirations… et inspirations divines.
lus encore, cette méthode permet de réconcilier analyse et création, compréhension et pratique. Quand un élève imite « Le Dormeur du val », il comprend de l’intérieur les audaces du poète aux semelles de vent, ses ruptures syntaxiques, ses images fulgurantes. Sa bêtise parfois et ses failles. L’imitation devient alors la forme la plus légitime de la critique littéraire : non pas un pur discours sur un texte, mais une incorporation de ce dit texte, une digestion créative qui transforme la lecture en écriture4.
Gardez l’Espoir (ou Non lasciate ogne speranza, voi ch’intrate.)
Les résultats de nos élèves aux EAF 2025 ne sont pas qu’une performance statistique. Ils sont la preuve vivante qu’il est possible, même avec des contraintes chrono-logiques extrêmes, même avec des élèves aux profils différents, de transmettre l’amour et la maîtrise de la littérature française. Ils démontrent qu’en revenant aux fondamentaux de la rhétorique antique et en osant la pratique de l’imitatio, on peut former des lecteurs complets, capables non seulement d’analyser les textes, mais aussi de s’en nourrir pour développer leur propre voix.

C’est cette révolution pédagogique qu’OFALycée a initiée. Et les résultats parlent d’eux-mêmes.

par Olivier Saint-Vincent

Deja un comentario

Tu dirección de correo electrónico no será publicada. Los campos obligatorios están marcados con *